• NOEL 2019 : Confessions

    Posté le 22 novembre 2019 par Stéphanie dans Blog.

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    Je n’ai jamais été une grande fan des fêtes de Noël. Dois-je m’allonger docteur ?

    Si je réfléchis bien enfant c’était malgré tout un moment de fête familial. Je n’arrive pas à savoir ce qui pourtant déjà à l’époque me faisait appréhender ces instants.

    Mes parents, des dinosaures, organisaient des ateliers pratiques tels que faire des sapins en carton avec des boules de cotillon collées dessus ou confectionner des boites à papillotes pour mettre sur la porte pour offrir aux voisins venus rendre visite ou bien encore cuisiner des recettes de biscuits bonhomme de noël, de truffes ou autres fruits déguisés pour offrir aux papy-mamy. Des temps de partage, de rire, probablement aussi parfois d’obligation mais c’est ok.

    L’avent n’était pas un vain mot.

    L’arbre de Noël n’était pas à chaque fois un sapin. Parfois c’était une branche que nous avions rapportée d’une balade familiale en forêt. Parfois juste un sapin découpé façon artcraft. Nous passions du temps à mettre les décorations. L’Etoile et le Coeur offerts par ma grand-mère maternelle étaient placés rituellement mais avec humour et tendresse après que toutes les autres boules et guirlandes soient sur l’arbre. Mon frère, et pas un autre que lui, finalisait en plaçant la guirlande sur le lustre de la salle à manger. C’était alors l’ouverture officielle des festivités.

    Le rituel se poursuivait avec l’organisation du repas du 24 au soir, quasiment toujours le même. Des crevettes grises, des huitres, du saumon, du pain de seigle, des mandarines…

    Il y eu un temps, il y a fort fort longtemps, où les enfants que nous étions partaient avec leur mère à l’église pour la messe « de minuit » qui souvent n’avait déjà pas lieu à minuit. Là c’était l’apothéose du bonheur.  Il nous en reste d’ailleurs un sentiment de communion joyeux que nous revivons inlassablement  lorsque nous entonnons à gorges déployées, adultes que nous sommes devenus, le fameux Gloria, ou le non moins célèbre les Anges dans nos campagnes. J’ai le souvenir de mon frère chantant à tue tête. Et aujourd’hui encore, même si il n’y a plus de messe pour nous,  pas un Noël ne se fait sans ce clin d’œil. Glooooo – ooooooo-oooooo-oooooo-ria !!!

    On rentrait et il y avait alors les cadeaux.

    Nous avons été raisonnablement gâtés. Nous avons appris très rapidement à partager un peu de ce que nous recevions avec d’autres enfants moins nantis. Est-ce que à l’époque cela nous satisfaisait ?? Peut être pas totalement. Mais ce geste a probablement façonné la femme d’aujourd’hui. Nous avons parfois accueilli des inconnus d’un soir à notre table, des gens dans la précarité. Ce partage avait quelque chose de fascinant pour les enfants que nous étions. Probablement qu’il aura aussi façonné la femme d’aujourd’hui.

    Puis c’était le 25 etc etc…

    Devenue grande et adulte j’ai toujours eu beaucoup de peine à vivre cette période de l’année. Trop de consumérisme forcené. Trop de chacun pour soi. Trop d’injonctions au bonheur. L’envie de quelque chose de plus simple, de plus centré, de plus intime. Revenir aux fondamentaux de ce temps.

    Car qu’est-ce que Noël ?

    Déjà dans le rythme chrono-biologique, c’est un temps d’intériorisation. Nous avons depuis le solstice d’été pris le chemin de l’obscurité et de l’intime avec un repli sur soi qui devrait être naturel.

    L’arbre progressivement s’allégera de ses feuilles et sa sève ralentira le mouvement se faisant légère et silencieuse.

    L’ours et la marmotte attaqueront bientôt l’hibernation, repliés sur eux-mêmes au fond d’une grotte à la symbolique d’utérus.

    Qu’en est-il de la femme que je suis ?

    La femme consciente d’elle-même, de son corps et de ses rythmes comprend ce besoin de ralentir, de laisser les énergies des profondeurs œuvrer de manière sous-jacente à un renouveau que nous savons être inévitable.

    Accueillir ce temps ralenti.

    Accueillir cette peur de l’ombre et de ce qui pourrait ressembler à une mort. L’arbre sans feuille ne ressemble-t-il pas à un arbre mort ? L’ours endormi à un ours mort ?

    Accueillir le sous-bois humide et froid en moi.

    Et puis il y a aussi toute la symbolique judéo-chrétienne de mon enfance qui reste en filigrane. Ces parents, Joseph et Marie, rejetés des « hotels » de Bethléem et d’un 115 saturé à l’époque, qui ont dû laisser leur enfant naitre dans la rue. Peut-être pas dans le froid hivernal parisien, mais il y avait tout de même l’âne et le bœuf pour le réchauffer, cet enfant. Le symbole du plus petit d’entre nous que nous devrions protéger et honorer aussi. Alors dans cette frénésie d’achats, de cadeaux revendus deux jours plus tard sur E-Bay, alors quand je m’endors au chaud dans ma grande maison, tout particulièrement à cette époque de l’année… j’ai un malaise, une tristesse que même la douce chaleur de mon feu n’arrive pas à atténuer. Et il me faut un effort considérable pour surmonter ce temps et arriver à être rassurée sur mon humanité et celle de mes frères.

    Car ne l’oublions pas, mais Noël c’est aussi le solstice d’hiver qui marque la nuit la plus longue de l’année et aussi, du coup, le moment où les jours commencent à rallonger. C’est la victoire de la lumière sur les ténèbres. C’est le retour imperturbable et inlassable du cycle de la vie qui s’amorce. Et il est vrai que je devrais m’en réjouir. Accueillir aussi le feu qui veille et me réchauffe, tout doux… tout doux…

    C’est pourquoi cette année j’ai décidé de nourrir la lumière en moi, de retrouver peut-être une forme de ritualisation de ce temps, d’œuvrer à le rendre plus sacré. Non pas renier l’obscur et la mélancolie mais célébrer la lumière et la joie d’être là.

    J’ai donc décidé de m’offrir un cadeau, un calendrier de l’avent insolite. J’aime le travail de Laurence, Plume Sauvage. http://laplumesauvage.com/ecours/retraite-en-ligne-ecriture-de-lavent/ Depuis un certain temps je sentais que je devais me tourner vers l’écriture introspective et intuitive. Je me suis donc offert cette retraite littéraire.

    Un moment dédié à la descente en mes profondeurs pour oser les rencontrer, les accepter et les célébrer sans peur.

    Un moment pour m’accueillir avec cette tristesse et cette amertume et de les transmuter en joie et élan de vie.

    Un moment qu’il ne sera pas facile de vivre car s’octroyer un temps de pause quotidien n’est pas forcément chose facile. Pas parce que je n’ai pas le temps, mais parce que je me laisse phagocyter par les fb, les blogs, le monde extérieur et que j’en oublie de revenir à moi, à mon enfant intérieur, à la Femme Sage qui vit en moi.

    Je sais que ce temps n’aura rien de facile mais qu’il sera aux couleurs que je déciderai d’y mettre. C’est cela être Force de Création.

    J’espère que cet espace me permettra d’accueillir 2020 avec enthousiasme et mûrir les projets qui me tiennent à cœur et que j’espère voir passer dans la matière. Notamment le projet tourné vers les Femmes (il existe d’ailleurs une page FB dédiée aux Femmes : L’Audacieuse Femme-S)

    J’espère vivre pleinement ce temps maïeutique, cette re-naissance.

    Car qu’est-ce que Noël qu’une naissance rejouée année après année.

     

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    Alors je vous souhaite à tous un bon moment de partage, de joie, de célébration et d’écoute. 

    Et si le besoin se faisait sentir d’un instant plus intime pour

    accueillir les énergies de cette fin d’année 2019

    et se préparer à celles de 2020

    … vous connaissez le chemin.

     

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